MIM et BAJON Benoît, Oups, c’est la rentrée !, illustrations de Coralie VALLAGEAS, Milan, 2024, 32 p. 9€90
Le
livre appartient à la collection « Je lis tout haut », collection
spécialement conçue pour la lecture à haute voix par les lecteurs débutants du
Cours Préparatoire. C’est l’histoire du premier jour de la rentrée des classes,
à travers une professeure des écoles qui arrive en retard dans sa classe. Les
élèves l’attendent et lui font un accueil chaleureux. Des conseils simples, pas
trop nombreux accompagnent le jeune lectorat pour organiser sa lecture à voix
haute, une lecture qui s’adresse à lui-même, à ses parents, à ses copains et
copines, et à sa classe. Avec son format semi-poche, ses pages en dépliants,
les illustrations réalistes de Coralie Vallageas qui suivent scrupuleusement le
texte, les situations pleines d’humour du livre intéresseront le lectorat
débutant surtout s’il est accompagné par un adulte pour discuter des modalités
de la lecture soit, au fond, des modalités propres à l’expression du sens du
texte.
DIEUDONNÉ Cléa, Le
Soleil et toi. Découvre le système solaire, L’Agrume, 2024, 64 p.,
14€
Tout
le bien dit du documentaire précédent de Cléa Dieudonné, La Lune et toi.
Découvre la force d’attraction (lire le blog du 23 juin 2023), ne peut
qu’être renouvelé pour cet ouvrage de découverte du système solaire proposée
aux enfants de sept à onze ans.
Le
livre suit avec tout l’humour du dessin, la naissance du soleil, celle des
planètes. Le jeune lectorat est alors invité à entrer dans le système solaire
avec ses planètes intérieures (Mercure, Vénus, Terre, Mars) et d’explorer la
terre du point de vue toujours astronomique. Puis le livre passe en revue les
planètes du dehors (Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune) avec une explication des
planètes gazeuses. Enfin, l’ouvrage retourne au soleil.
Vulgarisation
scientifique soignée, clarté des exposés que renforce le travail
d’illustration, intelligence de l’adresse directe au jeune lecteur ou à la
jeune lectrice, l’impliquant ainsi dans le sens à construire. Comme le
précédent, ce livre fera le bonheur des enfants, les médiathécaires et
bibliothécaires et documentalistes auront à cœur de le présenter à leurs jeunes
lectrices et lecteurs.
L’HOMME
Erik, Ils Viendront. 1 Ce que voient les yeux, illustrateur, DE
MARTINO Marcello, Jungle, 2024, 56 p., 13€95
Canicule,
théories irrationalistes sur le climat, complotisme, trafic d’organes ou
exploitation des organes oculaires, science-fiction, récit d’anticipation
biomédicale, S-F avec extra-terrestres, thriller et suspense, le scénario
d’Erik L’Homme entrecroise ces différents thèmes en une intrigue structurée par
l’action qui mène vers le récit d’aventure autant que le récit d’angoisse. La
composition est si serrée que la lecture de l’histoire est haletante.
Pour
tisser la diégèse, l’auteur a choisi des personnages marginaux, deux
adolescents. L’un, Lukas, est un cycliste slamer adepte de l’école
buissonnière, libre comme le souffle des mots ; l’autre, Elma, est une
boxeuse bercée par le rythme de chants libérateurs. Les deux sont bien dans
leur tête, bien dans leur peau, surtout quand ils sont ensemble. La bande
dessinée s’introduit dans le besoin d’autonomie des jeunes de cet âge, ne
détestant pas recourir à l’humour dont la fonction est d’éviter de dramatiser
le cours des événements pour mieux embarquer le lectorat sur les chemins du
genre du récit d’aventure.
Il
faut dire que l’étrangeté des événements qui mettent à mal la sagacité de
l’inspecteur Grayharm, déroute par un univers étrange qui porte lectrice ou
lecteur à se fier aux images et au texte. En période rentrée des classes mais
aussi de reprise du travail, rien de mieux qu’une telle fiction pour faire
retomber la pression du travail de classe ou pour se libérer des soucis
journaliers du boulot et autres entraves administratives de la vie. L’écriture
slamée ébouriffe les neurones pendant que dessins et couleurs épousent
l’agilité du scénario en ajoutant du mouvement, par exemple en variant les
points de vue. Texte et illustration réunis, on entend presque la bande son de
la pop culture des années mille-neuf-cent-quatre-vingt /
mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix. Et, peut-être, est-ce la problématique de la
perception qui se trouve au cœur du projet éditorial des auteurs L’Homme et De
Martino. Vu l’entrecroisement des thèmes relevé au début de cet article, il est
tentant de s’attendre à un récit mettant en scène une politique de la
perception.
Philippe
Geneste