Anachroniques

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08/09/2024

Dans la trousse buissonnière du temps, les crayons de l’école

MIM et BAJON Benoît, Oups, c’est la rentrée !, illustrations de Coralie VALLAGEAS, Milan, 2024, 32 p. 9€90

Le livre appartient à la collection « Je lis tout haut », collection spécialement conçue pour la lecture à haute voix par les lecteurs débutants du Cours Préparatoire. C’est l’histoire du premier jour de la rentrée des classes, à travers une professeure des écoles qui arrive en retard dans sa classe. Les élèves l’attendent et lui font un accueil chaleureux. Des conseils simples, pas trop nombreux accompagnent le jeune lectorat pour organiser sa lecture à voix haute, une lecture qui s’adresse à lui-même, à ses parents, à ses copains et copines, et à sa classe. Avec son format semi-poche, ses pages en dépliants, les illustrations réalistes de Coralie Vallageas qui suivent scrupuleusement le texte, les situations pleines d’humour du livre intéresseront le lectorat débutant surtout s’il est accompagné par un adulte pour discuter des modalités de la lecture soit, au fond, des modalités propres à l’expression du sens du texte.

 

DIEUDONNÉ Cléa, Le Soleil et toi. Découvre le système solaire, L’Agrume, 2024, 64 p., 14€

Tout le bien dit du documentaire précédent de Cléa Dieudonné, La Lune et toi. Découvre la force d’attraction (lire le blog du 23 juin 2023), ne peut qu’être renouvelé pour cet ouvrage de découverte du système solaire proposée aux enfants de sept à onze ans.

Le livre suit avec tout l’humour du dessin, la naissance du soleil, celle des planètes. Le jeune lectorat est alors invité à entrer dans le système solaire avec ses planètes intérieures (Mercure, Vénus, Terre, Mars) et d’explorer la terre du point de vue toujours astronomique. Puis le livre passe en revue les planètes du dehors (Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune) avec une explication des planètes gazeuses. Enfin, l’ouvrage retourne au soleil.

Vulgarisation scientifique soignée, clarté des exposés que renforce le travail d’illustration, intelligence de l’adresse directe au jeune lecteur ou à la jeune lectrice, l’impliquant ainsi dans le sens à construire. Comme le précédent, ce livre fera le bonheur des enfants, les médiathécaires et bibliothécaires et documentalistes auront à cœur de le présenter à leurs jeunes lectrices et lecteurs.

 

L’HOMME Erik, Ils Viendront. 1 Ce que voient les yeux, illustrateur, DE MARTINO Marcello, Jungle, 2024, 56 p., 13€95

Canicule, théories irrationalistes sur le climat, complotisme, trafic d’organes ou exploitation des organes oculaires, science-fiction, récit d’anticipation biomédicale, S-F avec extra-terrestres, thriller et suspense, le scénario d’Erik L’Homme entrecroise ces différents thèmes en une intrigue structurée par l’action qui mène vers le récit d’aventure autant que le récit d’angoisse. La composition est si serrée que la lecture de l’histoire est haletante.

Pour tisser la diégèse, l’auteur a choisi des personnages marginaux, deux adolescents. L’un, Lukas, est un cycliste slamer adepte de l’école buissonnière, libre comme le souffle des mots ; l’autre, Elma, est une boxeuse bercée par le rythme de chants libérateurs. Les deux sont bien dans leur tête, bien dans leur peau, surtout quand ils sont ensemble. La bande dessinée s’introduit dans le besoin d’autonomie des jeunes de cet âge, ne détestant pas recourir à l’humour dont la fonction est d’éviter de dramatiser le cours des événements pour mieux embarquer le lectorat sur les chemins du genre du récit d’aventure.

Il faut dire que l’étrangeté des événements qui mettent à mal la sagacité de l’inspecteur Grayharm, déroute par un univers étrange qui porte lectrice ou lecteur à se fier aux images et au texte. En période rentrée des classes mais aussi de reprise du travail, rien de mieux qu’une telle fiction pour faire retomber la pression du travail de classe ou pour se libérer des soucis journaliers du boulot et autres entraves administratives de la vie. L’écriture slamée ébouriffe les neurones pendant que dessins et couleurs épousent l’agilité du scénario en ajoutant du mouvement, par exemple en variant les points de vue. Texte et illustration réunis, on entend presque la bande son de la pop culture des années mille-neuf-cent-quatre-vingt / mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix. Et, peut-être, est-ce la problématique de la perception qui se trouve au cœur du projet éditorial des auteurs L’Homme et De Martino. Vu l’entrecroisement des thèmes relevé au début de cet article, il est tentant de s’attendre à un récit mettant en scène une politique de la perception.

Philippe Geneste

23/06/2024

Dans les architectures déambulent des chats sous la lune jusqu’au Mexique

VELCOVSKY, Tom, L’Architecture sous toutes ses formes, illustré par Marie KRAUSS, Albatros, 2024, 80 p., 17€90

Après une introduction sur le terme « style architectural » et son histoire à partir du XVIe siècle, l’auteur passe en revue la pyramide de Khéops, la pyramide de la lune, le Panthéon de Rome, Sainte-Sophie d’Istanbul, la cathédrale Saint-Lazare d’Autun, Notre-Dame de Paris, la basilique Saint-Pierre de Rome, le château de Versailles, la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux, La grande mosquée de La Mecque, le temple de Borobudur, la cité interdite (à Pékin), la Maison Blanche. Cette présentation est toutefois lacunaire, car chaque site ou monument s’enrichit de la présentation d’autres édifices. Le travail d’illustration de Marie Krauss donne un cachet tout particulier à ce volume de grand format. Les dessins sont imposants, esthétiques et en accompagnement d’un texte bref, précis, qui situe parfaitement le contexte historique et civilisationnel. Parfois, les conditions de la construction du bâtiment sont décrites. Ainsi, le jeune lecteur, disons à partir de 9 ans, ne se perd pas et surtout peut retenir bien des informations. De plus, le livre est une initiation aux styles architecturaux, ce qui en fait un ouvrage rare dans le secteur du livre destiné à la jeunesse. Un glossaire clôt cet ouvrage d’art que les parents liront avec autant de plaisir que leurs enfants.

 

JARBOUAI Leïla, Chats, Grand Palais/Réunion des musées nationaux, 2024, 32 p. 11€90

Leïla Jarbouai propose, à partir du musée d’Orsay (ses réserves et ses salles), dont elle est  Conservatrice en chef, et du département des Arts graphiques du musée du Louvre un livre érudit sur les chats dans la peinture, la sculpture, le dessin, la photographie : « Alter ego et radicalement autre, double, avatar, totem, divinité, repoussoir, modèle… le chat possède une longue histoire culturelle ». Et c’est cette histoire qu’elle nous invite à parcourir à travers plusieurs parties :

Chats d’atelier (pp.10-21) ;

Chats du foyer (pp.22-39) ;

Chats des villes, chats des champs (pp.40-55) ;

Chats séducteurs (pp.56-75) ;

Chats enfantins (pp.76-87) ;

Chats indolents (pp.88-105) ;

Chats calligraphiques (pp.106-123).

Cette composition participe de la même volonté de clarté qui préside à l’écriture de l’autrice. Cette composition épouse le corpus. La commission lisez jeunesse a particulièrement apprécié la dernière section et Steinlein, abondamment représenté, en est pour elle une découverte essentielle.

Dans l’iconographie foisonnante mais rigoureusement présentée, chacun fera des découvertes. Les membres de la commission Lisez jeunesse, par exemple, ont plusieurs fois commenté les photographies de Charles Augustin Lhermitte et les estampes d’Henri Rivière. Ils ont aussi été fort intrigués par le travail d’Eadweard Muybridge. Les commentaires qui accompagnent les œuvres ne laissent jamais les lecteurs dans l’ignorance ni du contexte ni de la visée des artistes. Le livre est ainsi une introduction à l’histoire des arts du dix-neuvième siècle. Le lectorat découvre des éléments biographiques d’artistes, met en relation une œuvre et certaines conditions de vie. L’intelligence des citations qui viennent légender certains tableaux permet d’éviter les anachronismes et sollicite le dialogue entre la littérature et les autres arts.   

Beau livre, livre de culture, livre d’art, livre aisé à lire, clair dans sa narration et ses explications. Un régal pour tous les âges, et donc pour diverses modalités de lecture.

 

DIEUDONNÉ Cléa, La Lune et toi. Découvre la force d’attraction, L’Agrume, 2024, 64 p., 14€

Le sous-titre est explicite, il va s’agir de la force d’attraction présentée aux enfants de sept à 11 ans. Le titre est explicite aussi qui annonce un ouvrage où le phénomène lunaire va être expliqué à partir (presque) exclusivement de ce que l’enfant peut expérimenter. Le graphisme de Cléa Dieudonné est humoristique, assez anthropomorphique, et très efficace. Les informations données sont claires, l’enfant tourne les pages, en découverte permanente : pourquoi les planètes tournent autour du soleil, le phénomène des marées, l’apesanteur, le jeu de la lune et du soleil, le sens de la face éclairée de la lune, la réalité de la rotation de la terre autour du soleil, l’évolution du rapport terre-lune etc. Ce livre fera le bonheur des enfants, les médiathécaires et bibliothécaires et documentalistes auront à cœur de le présenter à leurs jeunes lectrices et lecteurs

  

FERETTI de BLONAY Francesca, Frida Kahlo et Diego Rivera. Passion et création, illustrations de Tània Garcia, Milan, 2024, 38 p. 13€90

Cette biographie est un album pour le lectorat des classes de l’école élémentaire et des classes de sixième et cinquième de collège. L’introduction de la biographie de Frida Kahlo et de Diego Rivera, surprend par des contrevérités historiques sur le contexte géopolitique et l’absence de notation sur le contexte économique. On y lit, par exemple, que durant l’entre-deux-guerres, Simone de Beauvoir était une « icône féministe »… Quelle précocité pour la philosophe née en 1908 ! Tant de fausseté plombe le livre. Et c’est dommage car l’approche conjointe des deux biographies est fort intéressante et servie par un travail d’adaptation graphique à l’univers des deux artistes et du Mexique de leur époque qui introduit excellement le lectorat à l’univers esthétique tant de Frida Kahlo que de Diego Rivera.

Philippe Geneste

07/01/2024

Du nuage et du poème, pour un chant de l’humain lien

Massot Jean-Louis, Entre deux nuages, linogravures d’Olivia HB, éditions bleu d’encre, 2023, 80 p. 16 €

Avec Jean-Louis Massot, il faut savoir prendre son temps, surtout ne pas se laisser aller à l’évidence dans laquelle attire son écriture. La simplicité, la convivialité sont des permanences de l’écriture d’un poète qui s’adresse à ses lectrices et à ses lecteurs, qui les appelle et les invite avec un grand souci de ne pas les heurter, de ne pas les brusquer, de ne pas jouer à l’obscurité si courante dans la poésie contemporaine. Jean-Louis Massot, aimerait-on dire, veut être compris tout en ne faisant pas de concession au langage en proie à l’imaginaire. Il y a là un équilibre qui caractérise bien sa poésie. Entre deux nuages le confirme.

Un exemple : le recueil fourmille de mots peu usités, mais qui ne sont pas des néologismes : chapechuter, cabalette, solacier, déchaler, fringuer, brunette, murin, s’anordir, fouteau, tieulet, se dodiner, lenticulaire, astérie, moitir, fatuaire, menterie, ghazel, serfouir, toupiller, danser la carole, chévir de, s’abonnir, s’éventiller, s’oudrir, se musser, se panader, un frelampier, la dandinette, canceler… D’archaïsmes en termes spécialisés, de régionalismes en résurrection de mots enfouis dans l’inconscient lexical de la langue française, Jean-Louis Massot nous emmène au pays des nuages dont il est un joyeux connaisseur depuis son précédent recueil Nuages de saison (1). Et comme dans ce dernier, Entre deux nuages, fait dialoguer le texte du poète et une œuvre plastique. Il s’agit, ici de nombreuses linogravures d’Olivia HB qui font du nuage une sorte d’obsession figurative imprimant chaque scène, chaque acte, chaque objet convoqués d’après tel ou tel poème. Le dialogue qui s’installe avec la figuration imaginaire de la linogravure où tous les nuages sont rouges, instaure l’objet du recueil en problème d’écriture à résoudre. Quant aux poèmes, ils offrent des solutions qui posent à leur tour la question de comment parler des nuages qu’ils soient : Altostratus, Arcus, Castellanus, Cirrostratus, l’énigmatique Cotras, Cumulonimbus, Cumulus, Cumulus humilis, Fibratus, Flocus, Lacunosus, Nimbostratus, Pyrocumulus, Stratiformis, Stratocumulus, Virgas.

Durant ce voyage dans les airs, braqués sur ce qui s’y forme et s’y enforme, les yeux oublient le regard pour laisser pénétrer chez les lecteurs et lectrices la sensation du milieu qui les entoure. Les linogravures sont là pour rappeler tout un chacun à l’expérience ordinaire du monde. Le poète parle aux nuages, s’entretient avec eux, nous entretient de ses conversations avec ces mastodontes de l’éphémère et du versatile.    

Nuages de saison portait à s’interroger sur la destination des nuages, sur le rapport entretenu entre le poème et le nuage, sur l’autonomie que leur désignation tend à assurer quand, au fond, elle n’est que l’œuvre nominative des hommes. Entre deux nuages apporte quelques réponses et ouvre de nouvelles questions :

- Si le poème va vers ses lecteurs et lectrices, le nuage va sans destination précise. Mais ce qui rassemble le poème et le nuage c’est que tous deux font des « pas » (p.22) occupant ainsi un espace. Ils se configurent dans le ciel ou sur la page. Et l’un et l’autre semblent libres, libre de droit au marché pour le poème libre de mouvement pour l’autre dont l’adjuvant, le vent, est son compère. Mais s’il n’y a pas de destination précise, n’est-ce pas que compte préférentiellement l’entre deux ? Le poème serait ainsi incident à la relation entretenue aux mots par le poète et celle qui le lie au lectorat.

- La liberté intrinsèque du poème vient de ce que le poète ne l’écrit pas pour faire une déclaration. Le poème avance mot à mot en attente de ce que les mots font advenir, comme les nuages vont en attente d’un devenir de pluie, de soleil, de vent, de tornade, de calme souverain. Que signifierait écrire sinon être en attente du chant qu’Entre deux nuages convoque maintes fois à travers les oiseaux omniprésents dans ce recueil empli de voix qui trissent, zinzinulent, jacassent, craillent, grisollent ? Les oiseaux, seuls peuvent aller à la rencontre des nuages et leurs chants est peut-être l’écho du silence des passages nuageux dans le ciel observé.

- Les nuages, par leur jeu, combattent l’ennui du bleu du ciel comme les assonances et harmonies vocales du poème cherchent au cœur du langage la puissance expressive par laquelle les humains ont pu, su et voulu se lier. La poésie combat « la misère de mots » (p.19), elle écoute passer le nuage et entend venir le chant ; elle nomme (p.51), c’est peut-être toujours sa fonction ordinaire. Dans le foisonnement inouï des dénominations des nuages, le poète cherche des liens, établit des relations entre ce qu’elles désignent dans la nature et dans la pensée humaine. C’est un dialogue à continuer, à entretenir, comme on entretient un feu, comme Olivia HB et Jean-Louis Massot s’y emploient dans ce tête-à-tête ouvert aux quatre vents de la signification.

Quand Jean-Louis Massot fait œuvre de poésie cosmique, il nous propose d’entrer dans les mots, de renouer avec les mots inhabituels. La scène nuageuse est anthropomorphique, certes. Mais elle est aussi libératrice et le choix de formes et de compositions diverses des quatre-vingts poèmes en est la preuve. Mais il y a sûrement plus. Quand le nuage passe vient le poème. Quand le poème est écrit, survient la gravure. Ni le nuage, ni le poème, ni la linogravure ne sont la source, mais ensemble ils savent se ressourcer. Ce n’est pas un hasard si les différentes catégories de nuages suscitent des formes verbales créatives différentes. C’est une correspondance si savoureuse que la lenteur et le voyage soient communs aux nuages, aux poèmes et à la gravure qui s’offre avec eux pour en établir la partition !

Philippe Geneste

Note

(1) Massot Jean-Louis, Nuages de saison, photographies Olivia H.B., éditions bleu d’encre, 2017, 67 p. 12€

22/12/2022

Dans la nuit émerveilleuse des livres

BAUM Gilles, Tout noir, illustratrice Amandine PIU, Amaterra, 2022, 30 p. 29€90

Nul doute que ce livre-objet, un livre qui se fait frise quand on le déplie, un leporello avec des découpes, sera privilégié sous le sapin de Noël des enfants de 4 à 10 ans. L’objet est de toute beauté, le sujet de grand intérêt : un bug électrique, New York plonge dans le noir. La narratrice est une petite fille dont la maman, femme de ménage ou agente de service, travaille de nuit. Elle est seule chez elle et s’inquiète pour sa maman. Alors elle part la chercher en se munissant de trois allumettes. À la faveur de la nuit, l’étrange s’installe dans le périple enfantin. Les objets s’animent, un girafon sert de monture à l’enfant jusqu’à la rencontre d’un homme-de-rien, un saxophoniste qui se joint à la troupe en formation pour rejoindre la maman. À la troisième allumette, la maman apparaît, sur un banc avec une amie. Elles attendaient un peu de lumière. C’est l’enfant qui craque sa troisième allumette. Bien sûr, la frise noire qui se déplie s’illumine de jaune quand une allumette se consume. Et les cinq membres de la troupe du leporello regagnent l’appartement. Ils montent sur le plus haut toit pour éclairer le monde. La frise se lit d’avers et de revers, le texte sur l’avers seulement. Les dessins sont délicats, la prouesse technique fascine les enfants, l’intertextualité évidente (La Petite fille aux allumettes, Les Musiciens de Brême) enrichit encore la lecture. Les enfants aiment manipuler une histoire, ils peuvent aussi aimer jouer avec le rapport aux deux autres contes. Le texte est d’une poésie qui prend garde de bien maîtriser ses effets afin de laisser l’objet-livre et le travail illustratif emporter d’abord les enfants, lectrices ou lecteurs dans la nuit émerveilleuse.

 

 

CRÉPON Sophie & VEILLON Béatrice, L’Histoire des enfants en BD, illustrations de Béatrice VEILLON, Bayard, 2022, 213 p. 19€90

Ce fort volume part de la préhistoire, passe par l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes, le XIXème siècle, le XXème et enfin le XXIème siècle. Un texte documentaire accompagne des histoires en bande dessinée (24 BD et 26 pages documentaires) retraçant la condition des enfants dans diverses civilisations et à travers les temps. Si on regrettera que la famille soit posée bien précocement dans l’histoire de l’humanité, on ne peut que noter la richesse informative du travail des deux autrices. L’enfant -de 8 à 13 ans- pourra lire le livre chronologiquement aussi bien que s’y plonger au gré de ses intérêts. Outre les temps préhistoriques, il est invité à découvrir les civilisations égyptienne, grecque, amérindienne. L’enfance dans la civilisation occidentale est plus particulièrement décrite à travers son Histoire, et le XXIème siècle est l’occasion de découvrir aussi l’enfance chez les Yanomami, au Pakistan. Bien sûr, la Convention Internationale des droits de l’enfant (1989) fait l’objet d’une page documentaire. Cette somme au papier glacé sera sûrement un cadeau prisé.

 

Mastro Pablo A., Des Histoires plein le ciel, illustrations de SUÁREZ, Helvetiq, 2022, 32 p. 14€

Cet album au format italien coïncide avec l’âge des « pourquoi ? » enfantins portant sur le ciel. Or, ce qui intrigue l’enfant est aussi ce qui a intrigué, apeuré, fasciné l’humanité en ses premiers âges. L’album traduit de l’espagnol conjoint ces deux problématiques, l’une astronomique, l’autre mythologique et anthropologique.

Ouvrons ce livre noir du monde des étoiles, des constellations qu’elles figurent et des galaxies qu’elles forment. L’imagination enfantine, si prompte à trouver justification à toute chose va, avec ce petit livre aux peintures oniriques et aux dessins abstraits, être confrontée aux réponses apportées par les imaginations ancestrales qui l’ont précédée. À son état de fabulation actuelle, l’enfant se voit proposé d’autres interprétations des constellations. Rien que cela est déjà, pour l’enfant, une richesse dans son apprentissage de la relativisation de son point de vue.

L’album part des dénominations communes attachées aux configurations des étoiles dans le ciel. L’enfant approche donc directement des récits de la mythologie grecque. On part du connu ou relativement connu, en tout cas d’un déjà entendu par l’enfant ; Puis commence le grand voyage vers d’autres civilisations et peuples : les Inuits, les Aborigènes, les Kazakhs, les Sumériens, les Japonais, les Navajos, les Kiliwas, les Polynésiens, les Sans (Afrique), les Incas. À chaque fois, une constellation sert de support de comparaison entre le connu et la civilisation abordée. Les dessins, couleurs et compositions varient, en approche du graphisme et des motifs artistiques des peuples sollicités. Et à chaque fois, ce sont de belles histoires, brèves, qui emportent vers un ailleurs où l’imaginaire roi cherche à se marier au réel qui fuit. La connaissance s’éclaire ainsi grâce à la multitude de voix imaginantes de l’humanité.

 

PRIME Joanna, ROI Arnaud, Océanomania, illustrations de Charlotte MOLAS, Milan, 2022, 14 p. 24€90

Ce livre est d’une belle facture éditoriale : un ingénieur papier (Arnaud Roi) a conçu des pages en pop-up. L’illustratrice use de couleurs chaudes et mates pour rendre compte des milieux marins décrits. Enfin Joanna Prime est une biologiste spécialisée en mammifères marins. On a donc une excellente présentation informative, une fabrication en pages qui se déplient et en pop-up qui enchante le jeune lectorat dès 7/8 ans, un grand soin apporté à la composition des images en couleurs. Le livre parcourt l’Atlantique, la mer Méditerranée, la Grande Barrière de corail, les abysses. Faunes et flores, un peu de géologie aussi sont convoquées. Le livre surprend les enfants, se lit et se relit. Les informations données sont ciblées, non foisonnantes mais précises. Elles sont aussi situées grâce à une carte accompagnant les quatre milieux visités. Ainsi, le jeune lectorat suit sans difficulté les textes tout en repérant les plantes, les animaux ou les reliefs marins sur les images. C’est un livre-objet qui fera un beau cadeau de Noël.

 

RYLANT Inge, Ma Petite Collection de choses, Amaterra, 2022, 1 boîte et 4 livres de 18 p. 24€

Présentée sous la forme d’un coffret à quatre compartiments, contenant chacun un livre cartonné de 18 pages, Ma Petite Collection de choses est un livre pratique, un documentaire et un imagier tout à la fois. Chaque livre décline la présentation de choses dans le cadrage d’une forme : le demi-cercle, le carré, le cercle, le triangle. Aucune forme géométrique n’est appréhendée abstraitement puisqu’elle sert de base à un imagier (une image et dessous la désignation de l’objet imagé). Mais l’intérêt ne s’arrête pas là. La conceptrice, Inge Rylant procède pour chaque livre par double page : il s’agit pour l’enfant de trouver le lien entre l’image de gauche et celle de droite, en dehors de la forme qui sert de cadrage. Ainsi, le livre implique l’adulte auprès de l’enfant pour qu’il stimule son imagination, sa capacité d’observation, ses facultés intellectuelles. En effet, les éléments fondamentaux sur lesquels s’appuie le travail de Inge Rylant sont la composition et la couleur. Les prolongements de cette « lecture-observation-compréhension-désignation » sont multiples, à commencer par la recherche dans l’entourage de l’enfant de ce que propose l’expérience du livre.

La boîte contenante est fortement cartonnée avec un aimant pour assurer la fermeture. Les livres sont eux aussi cartonnés avec des coins arrondis, parfaitement pensés pour les petites mains. On peut passer de longs moments avec l’enfant à partir de 12 mois et les enfants de trois à cinq ans apprécieront vivement passer d’un livre à l’autre, imaginer des histoires, s’amuser à interpréter des images.

Voilà une très bonne idée de cadeau.

 

Dans l’Océan, illustrateur Neil Clark, Tourbillon, 2022, 16 p. 10€90 ; Dans La Jungle, illustrateur Neil Clark, Tourbillon, 2022, 16 p. 10€90

Ces deux ouvrages sont des imagiers commentés. Ils nécessitent l’accompagnement de l’enfant durant les premières lectures, afin d’étayer les interprétations enfantines des images et notamment des transformations. Parce qu’en effet, ces deux livres reposent sur un mécanisme judicieux qui permet à la figure représentée (pour Dans La Jungle : le caméléon, le paon, le lézard à collerette, la tortue, ; pour Dans L’Océan : le diodon, la baudroie, le poulpe, la raie).

Bien sûr, le choix des animaux, absents de l’univers enfantin, interrogent. Comment l’enfant va-t-il s’approprier ces images ? N’est-ce pas pour lui l’équivalent d’animaux sortis d’une encyclopédie des animaux fantastiques ? Ne va-t-il pas voir et suivre des yeux les pages comme on entre et évolue dans un univers du merveilleux ? Nous pensons que c’est un grief que l’on peut faire aux deux ouvrages. Toutefois, le foisonnement sans complexité de l’illustration, les pages fortement cartonnées, les bous arrondis pour que l’enfant ne se blesse pas, tout cela l’invite à la manipulation de l’objet-livre.

De plus les deux ouvrages convainquent par le procédé de fabrication sur lequel repose leur originalité. Un mécanisme de languette s’actionne dès qu’on tourne une page. Si bien que l’animal vu dans un cadre rond se métamorphose en un état de lui-même différent : le paon fait la roue, la tortue rentre dans sa carapace etc. Or, on sait combien il est difficile de faire accepter à des petits et tout petits que même changé, même transformé, un animal, un objet demeure identique à lui-même. L’enfant de cet âge n’a pas encore atteint la conservation. Là, il peut se rendre compte que l’on parle toujours du même animal, même si l’image le présente sous un aspect différent.

 

MINHÓS MARTIN Isabel, Le Monde en 11 voyages extraordinaires, illustrations de CARVALHO Bernardo P., éditions Helvetiq, 2022, 136 p. 24€90

Comment l’homme s’est-il imaginé un ailleurs ? Quel est cet élan de curiosité qui l’a poussé ? Comment se repérait-il avant que n’existe la cartographie ? La carte est-elle une science des rêveries spatiales ?

Le petit enfant explore le monde qui l’entoure, il y découvre de l’inouï, il s’y accommode, l’assimile, s’y invente en terrain connu ou inconnu, donnant vie à ce qu’il voit, aux formes qu’il perçoit, prêtant animation à tout ce qui se trouve là : l’explorateur, l’exploratrice, les découvreurs sont-ils comme les enfants au point que ceux-ci pourraient y puiser quelque éthique de vie humaine ? Mais lesquels ? Ceux qui partis d’autour de soi se sont approprié terres, personnes, travail des membres de peuples colonisés ? Ceux mus par une volonté d’évangélisation et d’esclavage, assumant leurs conquêtes territoriales au nom de la foi et de la fureur de la guerre ? Ceux qui imbus de leur civilisation ont écrasé celles qui, leur étant inconnues, n’avaient pour eux aucune existence ? Comment le désir d’ailleurs peut-il échapper à l’égocentrisme civilisationnel, à l’égocentrisme social, à l’égocentrisme individuel ?

Le livre, illustré de dessins à l’encre et, semble-t-il, au fusain, mais aussi de peintures pleine page aux couleurs prononcées sur papier mat qui font penser aux paysages de Georgia O’Keefe (voir le blog lisezjeunessepg du 9 janvier 2002), apportent des réponses à ces questions. L’autrice explicite son choix de ne pas éclairer les atrocités dont les missions exploratrices ont abouti à l’esclavage, à l’élimination de peuples entiers, à des génocides, à des asservissements les plus brutaux. Elle explicite le privilège donné aux découvreuses et découvreurs ayant parcouru le monde dans le but d’accroître les savoirs anthropologiques, scientifiques, écologiques, géologiques, biologiques… Ainsi, et selon l’ordre chronologique de leur départ : Pyhéas (-350 av. JC), Xuanzang (629), Jean de Plan Carpin (1245), Marco Polo (1271), Ibn Bettûta (1325), Bartolomeu Dias (1487), Jeanne Baret (1767), Joseph Banks (1768), Alexander von Humboldt (1799), Charles Darwin (1831), Mary Henrietta Kingsley (1894). Pour chacun d’eux et chacune d’elles, une carte montre à l’enfant lecteur le trajet de l’explorateur, de la découvreuse.

Savoir explorer, c’est savoir rencontrer, nous dit Minhós Martin, sinon explorer revient à s’approprier pour soumettre.

« Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à prendre la route quand la route n’existe pas ? » Le même élan que ce qui pousse à connaître, quelqu’un qui ne connaît pas, le même élan qui poussera l’enfant à ouvrir ce livre magnifique. Peut-être, en tirera-t-il pour leçon que « laisser à l’impossible la possibilité de se réaliser » apporte compréhension, sciences, et élargit nos idées.

 

HEGARTY Patricia, Un Soir dans les collines, illustrations de Xuan LE, Glénat jeunesse, 2022, 26 p. 13€90

Ce bel album coloré à souhait, est réalisé en pages découpées, les décors jouant des fenêtres ainsi creusées dans le volume, donnant une perspective aux tableaux qui se succèdent au fur et à mesure que l’enfant tourne les pages. Le nuancier des couleurs progresse, suivant en cela le passage du soir à la pleine nuit. Le récit est donc temporel, une temporalité directement saisissable par l’enfant car c’est celle du passage du jour à la nuit, du jeu au coucher. Le contenu de l’histoire est simple : la description du comportement d’un certain nombre d’animaux et de leurs petits, ce qui enthousiasme les enfants. Grâce au découpage des pages, accompagner l’enfant dans sa lecture peut permettre de lui poser de nouvelles questions et le pousser à scruter en profondeur les illustrations, à interroger le retour d’une double page à l’autre d’un même animal, l’amener à anticiper les attitudes des animaux. La beauté des pages illustrées opère une vive attraction sur les petits, dès quatre ans, mais aussi jusqu’à sept ou huit ans. Une nouvelle fois, le livre pour la jeunesse resplendit d’une créativité éditoriale rare dans les autres secteurs littéraires.

 

FIGUERAS Emmanuelle, Au Creux des arbres, illustration Sylvie BESSARD, Milan, 2022, 32 p. 18€

De l’automne à l’automne, puis de l’automne au printemps, cet admirable album décrit le cycle des saisons appliqué à l’arbre. Un pommier d’abord, un marronnier ensuite puis une forêt de bouleaux et des sapins pour enfin revenir au pommier. Le pommier sert de modèle pour expliquer comment la graine se transforme en arbre puis en feuilles et en fruits. L’enfant lecteur découvre ces arbres mais il les découvre dans la synergie avec les animaux qui les peuplent, qui les habitent ou qui les voisinent, dans la synergie avec la terre et le devenir des feuillages. Il croise la migration de certains des animaux présents, s’arrête plus patiemment sur le lérot qui court jusqu’à sa sortie de l’hibernation, le hérisson, les papillons Belles-Dames. L’album est donc un récit empli de péripéties naturellement déterminées, tout en étant un documentaire facile à lire dès l’âge de 7/8 ans. Bien sûr, on peut lire l’ouvrage à des plus petits.

Mais sa spécificité, Au Creux des arbres la tient du travail minutieux de fines découpes au laser qui enluminent les pages, dévoilent l’univers arboricole dans une perspective écologique globale. Un très beau livre.

Philippe Geneste

03/07/2022

Des livres d'expériences

POUVERREAU Sandrine, Le Guide des métiers de demain, illustrations de Walter GLASSOF, Bayard, 2021, 96 p. 12€90

En tout plus de quatre-vingt-dix métiers sont présentés avec un langage gouvernemental : les « secteurs les plus porteurs », les « métiers qui recrutent ». L’autrice détaille sept secteurs : la santé & le bien être, l’intelligence artificielle, le marketing-vente-finance-droit, les métiers de la data, communication et arts, industrie et bâtiment, développement durable. Un index permet au pré-adolescent et à l’adolescent de se repérer rapidement pour s’informer sur ces métiers. Sept métiers seulement concernent des titulaires d’un CAP et/ou BTS et/ou baccalauréat professionnel. La plupart des métiers sont ceux de cadres, soit, au fond, la petite, moyenne et grande bourgeoisie qui forment aussi la clientèle des livres destinés à la jeunesse. Ainsi une centaine de professions récentes sont répertoriées, analysées et le parcours pour y accéder. C’est un guide, un vrai guide.

 BARFIELD Mike, À toi la science ! traduction Baptiste Massa, Bayard jeunesse, 2021, 96 p. 12€90

Ce livre rassemble soixante expériences scientifiques à reproduire. Chacune s’appuie sur l’exposé d’une découverte d’un ou d’une scientifique : Darwin, Einstein, Herschel, Johnson, Théophraste, Purkyne, Lovelace, Somerville, Archimède, Al-Haytham, Leeuwenhoek, Rayligh, Bernoulli, les frères Wright, Audubon etc. Ces expériences concernent les êtres vivants, la biologie humaine, les matériaux, l’air, l’électricité et le magnétisme, la physique et les forces, la lumière, l’astronomie, les mathématiques. Un glossaire aide le lectorat à mémoriser les notions, un index permet de retrouver rapidement ce qu’on cherche, quatre pages récapitulent l’objet du livre qui est à la fois un documentaire et un livre pratique. Le choix de la bande dessinée comme vecteur permet à Barfield de simplifier l’abord du livre et d’y introduire une dose d’humour qui enlève toute sécheresse au propos.

OXLADE Chris, Construis ton système solaire, Gallimard jeunesse, 2021, 63 p. + matériel de construction, 19€95

Ce coffret promet de faire comprendre au lectorat de 8 à 12 ans comment s’est formé le système solaire. L’enfant découvre le soleil, les huit planètes du système. Il s’instruit sur les comètes, les astéroïdes, les planètes naines. Grâce au matériel l’enfant construit ce système. Nous avons trouvé formidable le coffret et toute notre commission a accroché à ce que propose le livre. Les plus grands nous ont aidé à comprendre les 63 pages d’informations sur l’espace.

Commission lisezjeunesse

 

Remue-ménage dans la maison, illustrations de Tiago AMERICO, éditions Tourbillon, 2022, 10 p. + éléments, 12€90

Le livre propose cinq décors, liés à la maison : salle de bain, cuisine, salon, chambre, buanderie, jardin. Une boîte collée au dos de la couverture comporte trente éléments détachés, meubles, personnages, que l’enfant va pouvoir inclure dans un décor et y faire circuler. Ainsi, va-t-il créer de nouvelles situations, variables selon les jours et les moments. Bien sûr, cette activité gagne à être accompagnée par les parents car l’interaction mènera l’enfant à verbaliser, à préciser ce qui est créé, donc à commencer à raisonner à partir des propositions même de l’enfant. Alors, ce livre pratique atteindra sa pleine efficacité éducative, sans compter le moment de complicité ainsi établi dans le jeu.

 

BIELINSKY Claudia, C’est qui qui ? éditions Bayard jeunesse, 2022, 22 p. 11€90

Le titre donne le ton de cet album-jeu destiné aux petits enfants. Sur chaque double page, une même figure dessinée (singe, chien, souris, lapin, luciole, grenouille, en variations diverses de postures et activités. Page de gauche, un court texte demande à l’enfant de trouver, sur la double page, le dessin correspondant à une posture seulement. Il ne s’agit pas de reconnaissance perceptive, à proprement parler, ni de correspondance de formes à réaliser ; il s’agit d’associer la variante de la figure signifiant un sentiment ou un comportement ou une émotion. C’est là qu’est l’astuce de ce bon petit ouvrage, aux grosses pages cartonnées, aux coins arrondis pour que le petit enfant ne se fasse pas mal. On pourrait parler d’un imagier de la dénotation voire de la connotation, chose nouvelle au fond. Là encore, le livre trouvera sa pleine efficience dans l’interaction que l’adulte stimulera avec l’enfant, tout en le guidant dans la démarche avant que, connaissant le livre, il ne s’adonne seul à la recherche des correspondances pages après pages.

 

EPARVIER Hervé, Les Trois Petits Cochons, illustrations de Paco SARDO, Tourbillon, 2022, 28 p. 8€90 ; EPARVIER Hervé, Le Petit Chaperon rouge, illustrations de Did CHOCOLATINE, Tourbillon, 2022, 28 p. 8€90

La nouvelle collection de chez Tourbillon, propose des albums-jeux pour « découvrir de façon ludique les contes classiques ». Le conte est découpé en neuf séquences événementielles. Pour chacune, le texte initial fait l’objet d’une réécriture simplificatrice visant la clarté et la simplicité. Les images sont joyeuses, riches sans être fouillées.

Ces deux premiers volumes relatant un conte comprenant un trajet dans l’espace, l’auteur et le dessinateur proposent une séquence de repérage du parcours de l’héroïne ou des héros que l’enfant lecteur va effectuer avec le doigt. Pour les autres séquences, il est proposé à l’enfant, par une halte ludique, de repérer des éléments de l’image, ce qui est à la fois une initiation à se rendre attentif au texte lu et à prendre le temps d’explorer l’illustration.

Un tel livre peut être lu à des enfants dès quatre ans ou bien offert à des enfants de 8 ans pour les amener à lire pour leur plaisir. La co-lecture adulte-enfant (de 4 à 7 ans) est recommandée afin de pousser l’enfant à scruter les doubles pages. L’adulte pourra alors, pour chaque double-page, poser d’autres questions entrant en échos avec le texte afin que l’enfant en enrichisse sa lecture-compréhension.

Philippe Geneste