Ytak
Cathy, La Seule Façon de te parler, Nathan, 2015, 137 p. code B
En
quelques mots, j'ai eu l'occasion de découvrir un ouvrage très émouvant, réaliste,
sincère mais aussi drôle et très optimiste. Au début, la lecture est très
pessimiste, triste. L'héroïne décrit à travers son histoire le monde du collège,
de l'école. Elle en dresse un tableau noir: milieu ennuyeux, sans saveur, une
jeunesse en souffrance qui subit l'école et ses rouages en l'intégrant sans
objectif précis, sans envie. Monde dans lequel les adultes ne prennent pas
forcément la peine et le temps de creuser certains particularismes. Une
jeunesse en quête d'identité qui a besoin de trouver un sens et une utilité à
son existence.
Ensuite, la lecture se fait de plus en plus optimiste: l'arrivée, la rencontre avec un nouveau surveillant. Cette rencontre offre à l'héroïne un nouvel objectif, une nouvelle raison d'être et de venir à l'école. Elle lui ouvre les portes de la découverte et du possible porté par les autres, et notamment celle du monde des sourds et dela LSF. Le roman va conter la
fusion de deux mondes, qui paraissent au départ complètement opposés (par
manque de connaissance) et qui, au final, se croisent, se rapprochent et
s'épanouissent mutuellement l'un au contact de l'autre. L'héroïne a des
difficultés à s'intégrer et s'isole. Personne ne parvient à comprendre son mal
être, son repli. Le frère du surveillant, sourd, a des difficultés mais propose
une vision et une lecture très positive et extrêmement gaie. Ces deux mondes
qui ont a priori du mal à cohabiter
et à composer ensemble, finissent par se rapprocher avec une grande douceur et
beaucoup d'humour.
Le lecteur rentre alors dans une seconde phase de découverte du monde des sourds. Il avance pas à pas avec l'héroïne. Celle-ci découvre le monde des sourds et de cette nouvelle langue. Lui, découvre le monde des entendants et les difficultés que, finalement, eux aussi peuvent rencontrer. La découverte est réciproque entre les deux et l'ouvrage invite le lecteur à cette même découverte et au partage : comprendre et être compris pour évoluer et grandir ensemble.
Ensuite, la lecture se fait de plus en plus optimiste: l'arrivée, la rencontre avec un nouveau surveillant. Cette rencontre offre à l'héroïne un nouvel objectif, une nouvelle raison d'être et de venir à l'école. Elle lui ouvre les portes de la découverte et du possible porté par les autres, et notamment celle du monde des sourds et de
Le lecteur rentre alors dans une seconde phase de découverte du monde des sourds. Il avance pas à pas avec l'héroïne. Celle-ci découvre le monde des sourds et de cette nouvelle langue. Lui, découvre le monde des entendants et les difficultés que, finalement, eux aussi peuvent rencontrer. La découverte est réciproque entre les deux et l'ouvrage invite le lecteur à cette même découverte et au partage : comprendre et être compris pour évoluer et grandir ensemble.
Au
fil de la lecture, le point de départ (le surveillant) s'estompe sans
disparaître pour laisser au lecteur le plaisir également de la découverte du
monde des sourds. J'ai personnellement découvert ce monde à travers le regard
de l'héroïne. J'ai pu rire en même temps qu'elle et que lui. Et lorsque j'ai
fermé ce livre, je me suis même dit qu'il serait très plaisant de me mettre à
apprendre cette langue afin de communiquer et de briser des barrières. Cet ouvrage met en évidence différents
éléments: l'intégration par l'apprentissage de la LSF, la différence qui unit et rassemble...
En bref, il est possible de
trouver sa voie ! Le monde est semé d'embûches: du système lui même mais
également des barrières personnelles que nous nous imposons par méconnaissance.
Tout est possible malgré le "handicap". Tant de gaieté, de bonne
humeur et d'optimisme grâce....à un surveillant au final, c’est-à-dire ces
personnels de la vie scolaire des collèges et lycées dont on parle si rarement,
sinon à travers les caricatures stéréotypées. Le roman montre l’importance de
ce métier. Ce sont les surveillants qui apportent écoute et aide aux élèves.
C’est un travail qui s’effectue dans l’ombre et qui donne souvent du sens à
l’étude des collégiens.
Julie Giannoli