Anachroniques

26/04/2026

Du monde du vivant et des sentiments en toute connaissance

LECOEUVRE Claire, Les P’tits Renards, illustrations COLOMBIER Chloé du, éditions du ricochet, 2026, 28 p. 10€50

Alors que le lobby des chasseurs emporte régulièrement des victoires contre la protection des animaux, ce petit livre à coins arrondis, à couverture douce, avec ses illustrations pleine page et sa luxuriance des couleurs ne peut qu’attirer l’attention.

D’abord, comme toujours avec es éditions ricochet, l’album repose sur des connaissances précises de l’éthologie animale. Ensuite, le choix des comportements présentés au jeune lectorat le captive et permet de raconter la vie des petits renards, le rôle du père et de la mère. Les cohabitations animales, le régime alimentaire omnivore, son opportunisme pour l’habitat, la vie des renardeaux auprès des parents, sont illustrés. Bien sûr, le soin pris à la progéniture est au cœur du livre.

Les P’tits Renards est un livre qu’on peut lire à l’enfant petit et que le jeune lecteur lira et relira en apprenant chaque fois des choses nouvelles grâce à l’exploration des images. Ses connaissances, alors, s’appuieront sur le texte relu. Et cela est vrai de chaque volume de la collection Éveil Nature des éditions ricochet.

 

MARCON Raphaël, Un pour tous, tous pour un, illustrations Kristina SKUTLABERG, Utopique, 2026, 32 p. 18€

Un récit animalier, dans la veine traditionnelle du livre destiné aux petits enfants. L’histoire et le dessin sont anthropomorphiques, créant une complicité immédiate de l’enfant avec les dix petits poissons autour de qui gravite l’histoire. Dans le monde des océans, la prédation règne et lorsque maman poisson laisse ses petits en autosurveillance, elle surestime leur capacité à réfréner leur désir d’inconnu.

Et voilà le petit enfant vibrant au gré des dangers que rencontrent les petits inconscients…. Et il va surtout s’attacher au plus petit d’entre eux, s’y identifier, même, ce petit poisson avec ses grosses lunettes à monture rouge, toujours à la traîne, apparemment plus intrépide que les autres mais rusé comme un renard des mers…

L’entraide, voilà le thème majeur de l’album. En ces temps de vénération de la guerre et des tueries venue du plus haut de l’État, en ces temps de massacre et de génocide, en ces temps d’individualisme triomphant et d’égoïsme cultivé, un album qui chante l’association pour s’orienter dans le monde comme il va si mal est une bouffée d’oxygène. C’est aussi toute l’actualité de cette création de Raphaël Marcon et Kristina Skultlaberg. En se centrant sur le plus petit des poissons, le jeune lecteur ou la jeune lectrice éprouve la puissance de la solidarité. Et celle-ci agit d’autant plus que les petits poissons comprennent qu’ils ont tout à gagner à se considérer comme égaux. L’épisode du requin va même solliciter d’eux l’invention d’une association pour, par solidarité concrète, construire leur autonomie d’action et se délivrer de l’emprise du prédateur.

Comment se libérer de l’emprise de l’intrépidité et du rapport de force ? Un pour tous, tous pour un répond à cette question par une belle fable animalière, qui finit bien, avec humour, pour un ultime moment gourmand. Le tout jeune lectorat aura appris, durant le temps de la lecture, à compter les petits poissons, en s’appuyant sur les chiffres inscrits en couleurs variées sur les pages, toutes illustrées. L’aquarelle ou les effets d’aquarelle magnifient l’ouvrage autant qu’ils laissent en suspens les dangers du monde régi par la dévoration et l’emprise : fragilité des couleurs, beauté des visions, frêles espérances pour un temps d’avenir dont les petits lecteurs et petites lectrices seront les acteurs et actrices. C’est que la solidarité et l’association pour l’autonomie de la progéniture de maman poisson reste suspendue à la réalisation de la société, permise par l’empathie envers les autres animaux et végétaux du fond des mers et des océans…

Et que vive la lecture et que vibrent les sens construits à travers le livre…

Philippe Geneste

19/04/2026

Le pouvoir de, le pouvoir sur, saisir ou être saisi

GRENAUD Sophie, Qui Aime Martin ?, rouergue, 2026, 85 p. 9€50

Le roman de Sophie Grenaud s’adresse aux enfants d’école primaire et aux premières classes de collège. Il aborde deux thèmes, le harcèlement et la connaissance de soi.

Le thème du harcèlement s’impose dès l’ouverture du roman écrit à la première personne par le personnage principal, Ben Référent prévention harcèlement de la classe qui pourrait être de CM1 ou CM2 de Monsieur Robert le professeur d’école un peu vieux style… En campant le personnage de l’élève, qui est aussi délégué de classe, l’autrice suggère, au lectorat, le récit d’une enquête qui est l’occasion de dresser une série de portraits. Le roman s’approche ainsi du réel, interroge les apparences. Ben a intercepté un mot d’amour (ce qu’il prend pour tel, en tout cas) dans le sac de Martin, un élève d’origine britannique qui se fait chahuter par ses camarades de classe. Imbu des responsabilités institutionnelles (référent et délégué de classe) qui pèsent sur ses épaules, Ben et son complice Jules, se lancent à la recherche d’indices pour trouver qui harcèle Martin. Qui Aime Martin ? est donc un roman à énigme, une histoire de détective.

L’autre thème est celui de l’évolution intérieure de la personne. Ce thème se greffe adroitement au précédent et concerne, toujours, Ben. Celui-ci, au fil de l’enquête revoit son jugement sur Martin et ses relations aux autres. Comme il est ouvert, Ben sait reconnaître ses erreurs. Ainsi progresse-t-il vers plus d’empathie envers ses camarades, Martin en particulier, mais aussi Ludivine et Chloé, et même Arthur. Au fil du roman, les personnages sont ainsi vus différemment ce qui crée la dynamique de la lecture. De plus, ce second thème, permet à Ben, et au lectorat à qui le récit demande de s’identifier, d’interroger la notion de pouvoir qui est octroyé par l’institution. Mais si le livre interroge le pouvoir il ne le met pas en question ; la structure hiérarchique de la classe, celle de l’institution scolaire sortent indemne de Qui Aime Martin ? Le modèle de Sherlock Holmes a été préféré à celui d’une classe coopérative ou d’une classe institutionnelle.

La commission lisezjeunesse a bien aimé ce livre, elle en a loué la composition comme le réalisme des portraits.


 

TENOR Arthur, Bienvenue chez les champions !, le muscadier, 2026, 140 p. 13€50

Ce roman possède les qualités de la collection « Rester vivant » : un langage qui cherche à être proche de celui effectivement parlé par les collégiens et lycéens, une thématique puisée dans l’actualité la plus immédiate, un développement narratif rythmé fondé sur la succession de chapitres courts, la présence de personnages pré-adolescents ou adolescents. Bienvenue chez les Champions répond à ces critères. On est dans un collège, l’intrigue nous plonge dans les relations interpersonnelles entre filles et garçons de classes de troisième, le thème est celui des réseaux sociaux et de leurs dangers, avec, notamment, l’usage qui peut y être fait de l’Intelligence Artificielle.

Le roman inclut les messages électroniques à son écriture qui reste assez académique du point de vue du français fictif utilisé : privilège est donné aux phrases simples, abondance de dialogues avec quelques insertions de langage jeune, de franglais et de certains mots vulgaires (toutefois trop isolés pour être significatifs). On sent, dans la narration, de nombreuses hésitations à intégrer du discours indirect libre dans le discours du narrateur, ce qui a pour conséquence de flouter les points de vue. Le lectorat n’en est pas pour autant désorienté car la composition est rigoureuse.

Le livre implique l’administration du collège, les élèves, les enseignants et les enseignantes. L’histoire raconte la prise de conscience des dangers des réseaux chez un collégien et une collégienne. Elle met en scène les obstacles qu’ils rencontrent et dont ils triompheront. Un thème secondaire du roman, secondaire mais indispensable dans la composition, est celui de la psychologie pré-adolescente et notamment au niveau du développement affectif.

Le milieu social est celui principalement des classes moyennes, choix consolidé par les codes langagiers reflétés. On a là une caractéristique du roman pour pré-adolescents et adolescents, preuve probable de l’influence des inégalités sociale de la pratique de la lecture sur les auteurs, autrices et éditeurs, éditrices, du secteur jeunesse.

On pourrait critiquer le choix idéologique sans lien avec l’histoire, qui mène l’auteur à introduire un parti pris politique anti-castriste ! C’est bien gratuit. Il est étonnant, en effet, de donner comme exemple de dictateur Fidel Castro mort en 2016, alors qu’un génocide est commis à Gaza, que Poutine a envahi l’Ukraine où une guerre a fait des centaines de milliers de morts et se poursuit aujourd’hui, alors que les USA ont envahi un pays pour capturer son président, qu’ils bombardent des pays souverains en dehors du droit international, qu’ils accentuent leur embargo à l’encontre de Cuba et affament sa population… Dans de telles circonstances, la référence au « Lider Máximo » (p.110) est décidément étrange… Cuba plaque tournante des réseaux sociaux ? … un peu ubuesque.

Mais en dehors de cette référence gratuite, Bienvenue chez les Champions demeure un roman efficace, qui se lit avec plaisir et rapidité. Le milieu décrit est très bien documenté, le thème principal posé avec pertinence et sans didactisme outrancier. Les préadolescents de la commission lisez jeunesse ont beaucoup apprécié et un débat soutenu l’a prouvé, comme il a prouvé, une nouvelle fois, que le secteur de la littérature destinée à la jeunesse aurait bien intérêt à travailler la contextualisation géopolitique et historique de ses fictions pour ne pas tomber dans le travers dont elle a su, au cours de son histoire, se défaire, à savoir le didactisme et le moralisme politique de conformité idéologique.

Philippe Geneste

 


12/04/2026

Parce que la vie, petit à petit, est ouverture au monde

RIUS Michel, La Promesse d’Aimé, illustrations ZAD, Utopique, 2026, 34 p. 18€

Une famille castor, en bord de rivière, comme il se doit, le papa, la maman, le petit castor Aimé, bien sûr. Une ode à l’amour maternel, semblent dire les premiers mots. Mais la vie est faite de contradictions. Si maman castor s’ingénie à entourer l’enfant de sécurité, de surveillance, sous couvert de bien-être de l’enfant, celui-ci rêve du monde, celui dans lequel se projette le papa qui part pêcher. La première contradiction oppose donc l’intérieur à l’extérieur. Et elle croît parce que la maman croit au pouvoir du langage, de la prévention verbale contre les risques du dehors. Or, Aimé a besoin d’éprouver les choses pour les comprendre, l’éducation doit s’attacher à s’articuler sur l’expérience. C’est une première leçon, assez proche, au fond, de La Chèvre de Monsieur Seguin, d’Alphonse Daudet. 

Alors Aimé fait une fugue. Retournement de situation, l’enfant joyeux, la mère angoissée qui sombre dans la détresse… Aimé s’en veut. Retour à la case départ : promesse de ne plus jamais partir est faite… La maman est aux anges, le fiston, tient parole.

Mais la vie est contradiction… Aimé tient sa promesse et s’ennuie jusqu’à ce que la dépression jette ses filets sur sa personne. Le papa cherche bien à persuader la maman de lâcher son emprise, mais celle-ci ne veut rien entendre. La surprotection, pourtant est mortifère pour l’enfant. Une situation de déséquilibre affectif s’installe, à la satisfaction de la maman répond la souffrance psychique de l’enfant qui s’éloigne peu à peu d’elle. Le papa revient à la charge, Aimé n’a-t-il pas grandi, suffisamment pour aller à la pêche et visiter, enfin le monde qui est aussi le sien ?

Une nouvelle fois, les éditions Utopique proposent un album généreux, aux couleurs et dessins qui captivent les enfants, un album d’empathie et qui défend la relation compréhensive de l’attachement affectif. L’album s’adresse aux petits enfants, bien sûr et avant toute chose. Mais sa force est aussi de tenir un message pour les parents qui lisent l’histoire à leur enfant. Celui-ci a besoin de connaissance et connaître, c’est sortir de soi pour assimiler l’inconnu, le trans former en connu. C’est tout le drame d’Aimé, c’est la thématique centrale du récit de Rius illustré par Zad. La sécurité, mais pourquoi faire ? l’enjeu pour l’enfant est de s’adapter à la vie qui est et non pas d’attendre d’y entrer puisqu’il vit déjà. Et l’espace qui l’entoure, c’est son espace aussi, alors pourquoi le priver d’y déambuler, de l’explorer ? Toutes les observations des psychologues constructivistes (piagétiens, walloniens) et les observations cliniques de la psychanalyse convergent pour dire que l’espace est une aventure pour l’enfant. Rius & Zad le représentent à merveille en faisant éprouver par la narration au jeune lectorat l’expérience déceptive d’Aimé. L’enfermement, il est sûr, est inapte à combattre le risque parce qu’il engendre l’angoisse intérieure et fragilise le besoin de découverte, donc le désir de vivre.


COUSSEAU Alex & DUTERTRE, Charles, Va Pas Trop Vite, rouergue, 2026, 32 p. 13€

Le texte rend compte des paroles d’un enfant qui s’adresse au tout jeune lectorat. Les parents ou adultes vont donc lire à l’enfant un discours enfantin qui leur est directement adressé. Or, ce discours commence systématiquement par une phrase de recommandation articulée par ses parents ou proches mais aussi une fraise, un nuage, un chien, tant il est vrai que pour le tout petit, objet, être vivant, chose inerte, tous sont animés.

Lire le texte à l’enfant, c’est le faire entrer dans le jeu des mots, jouer parfois un rythme esquissé. Le texte, sans se mouler sur une structure de comptine, en épouse le gout des assonances, use de l’anaphore, « Va pas trop vite », qui commence chaque nouvel épisode c’est-à-dire chaque double page… Sauf, il est vrai les derniers, où le texte se libère pour aller chercher la clé de l’album que délivrera la grand-mère du personnage narrateur.

Dans une société où l’urgence est imposée comme mode d’appréhension des choses, où la vitesse est sanctifiée, la psychologie des enfants est profondément affectée par ces diktats issus des comportements. Le livre de Cousseau et Dutertre est donc un antidote. Les illustrations de Charles Dutretre avec ses couleurs vivantes mais douces, parfois froides, souvent chaudes, avec ses fonds striés donnant une impressionnant de matière, évoquent immanquablement le calme. On peut dire que les illustrations exemplifient la leçon de vie du bref texte qui est imprimé, dans une bulle sur la page de gauche elle aussi illustrée.

L’album est un antidote aussi pour l’attitude des adultes car bien des discours semblent tout droit issus de la vie quotidienne, on les entend si on tend l’oreille. Or, « la meilleure façon de grandir… c’est petit à petit » : une leçon pour les petits et pour les grands...

Philippe Geneste

 

05/04/2026

Terrestre avant tout

               dans  la fiction

WILMET Aurélie, Ramson & Aki, CotCotCot éditions, 2026, 3+48 p. 18€50

L’enfant qui prend le livre se réjouit par avance d’une histoire animalière. La couverture ne lui ment pas. Pourtant elle ne dit pas tout. Car Si Ramson est un vieil ours, qui est Aki, cet Aki qui s’inquiète de l’hivernation prolongée de Ramson ? Il faut tourner les pages pour que peu à peu la forêt désignée à la troisième personne soit personnifiée puis prenne la parole, assumant alors son nouveau statut. Le livre se lit aux petits, mais des plus grands gagneront en joie de le lire par eux-mêmes. Tout est doux dans cet ouvrage, le récit prend son temps, l’enfant lecteur a tout son temps pour comprendre et deviner, tenter des interprétations.

Parmi les constituants du livre imagé, nous avons relevé l’orientation des mouvements. L’analyse de ces derniers permet de constater la prévalence donnée à l’étendue, au parcours horizontal. Le second mouvement important est celui de l’éveil, celui de la station debout, de l’émergence. La plongée et la circulation arrivent loin derrière. L’album privilégie donc la dimension spatiale terrestre. Or, l’autrice écrit un hymne à la forêt, autant qu’au fragile équilibre écologique de la planète. De nombreuses pages suscitent l’émerveillement du lectorat quant à la complicité des éléments naturels, animaux, vent, eau. L’incendie qui ravage la forêt Aki souligne l’éphémérité de la nature sous les coups de butoir de l’humanité hypertélique.

L’album Ramson & Aki repose sur la personnification de la forêt dont le nom toponymique devient prénom. Le vieil ours, lui-même, selon la tradition des livres de jeunesse, possède aussi un prénom. Et l’une et l’autre parlent… La personnification est instrumentale en ce que l’autrice cherche à provoquer l’identification du jeune lectorat avec les deux personnages et les autres éléments naturels qui peuplent l’album. Pour le dire avec les mots magnifiques de Fontanier (1), la personnification était une expression par fiction d’une inquiétude profonde pour le devenir de la nature. La forêt canadienne (Pimachiowin Aki) est personnifiée en devenant une voix, donc en devenant une entité de la vie au même titre que les humains et les animaux. La personnification d’abstraction englobe la terre entière, le paysage prend alors la dimension de la planète. Ramson & Aki devient un album du vivant contre les forces de la destruction symbolisées par le feu déclenché, même si ce n’est pas dit, par l’humain, puisqu’il est question d’incendie.

Grâce à l’accès direct au sens proposé par l’articulation du texte et de l’image, l’album d’Aurélie Wilmet ne présente aucune difficulté pour les tout jeunes lecteurs. Le sens littéral est en soi une histoire touchante et déchirante. L’enfant, par les relectures de l’album, glisse peu à peu vers le sens figuré. Il y a tant de choses à saisir : le silence de la forêt calcinée, le cycle de la vie avec la présence de l’ail des ours, personnage secondaire mais personnage repère pour la narration, la connivence des éléments, des plantes, des arbres, des animaux, suggérant la nécessaire symbiose du vivant et du non-vivant

Philippe Geneste

(1) Fontanier, Pierre, Les Figures du discours, introduction par Gérard Genette, Paris, Flammarion, 1977 (1ères éditions 1920 et 1930), 505 p. – p.111.

 

                dans le documentaire

HOUSSAIS Emmanuelle, Sous mes pieds, éditions du ricochet, 2026, 34 p. 17€

Un nouveau livre documentaire à recommander. Les éditions du ricochet offrent à la jeunesse de belles éditions au texte clair, à l’illustration utile et généreuse, à la mise en page qui sollicite l’activité cognitive des lectrices et lecteurs de l’école primaire. On peut aussi lire le livre avec des plus jeunes, encore non lectrices ou non lecteurs en les faisant participer au repérage de ce dont parle l’ouvrage. Et Sous mes pieds scrute la microfaune (invisible à l’œil nu), la mésofaune (0,2 à 4 mm) et la macrofaune (de 4 à 80 mm) qui grouillent dans les premiers centimètres du sol... l’autrice nous apprend qu’un « quart de la biodiversité de la planète se trouve » là.

L’ouvrage s’en tient à un même périmètre du sol, près d’un pommier. Il procède par coupes afin de montrer les êtres vivants sous ce sol. L’enfant pourra repérer le ver de terre (trois espèces), le petit nacré, le tardigrade, l’anax empereur, le carabe des bois, la mante religieuse, la cicindèle, le téléphore fauve, l’argiope frelon et bien d’autres créatures auxquelles, habituellement, on ne prête guère attention. Grâce à l’illustration, mais aussi, répertoriés sur la double page de garde, l’enfant rencontrera, au-dessus du sol, la grande limace, le chardonneret élégant, le pinson, le rouge-gorge, le hérisson, l’abeille, le papillon souci.

Une nouvelle fois, les éditions du ricochet, en s’appuyant sur une illustration simple et rêveuse, tendre et attentive, s’adressent avec exactitude au jeune lectorat. Le livre est un plaisir de lecture, une source de jeu et de recherches des créatures souterraines, un livre d’instruction qui fait aimer la terre et invite à en prendre soin.

Annie Mas & Philippe Geneste